La forêt riveraine, rivulaire ou ripisylve (étymologiquement du latin ripa, « rive » et sylva, « forêt ») est l’ensemble des formations boisées, buissonnantes et herbacées présentes sur les rives d’un cours d’eau, ou zone riparienne, la notion de rive désignant l’étendue du lit majeur du cours d’eau non submergée à l’étiage.

Les ripisylves sont généralement des formations linéaires étalées le long de petits cours d’eau, sur une largeur de 25 à 30 mètres, ou moins. (Si la végétation s’étend sur une largeur de terrain inondable plus importante, on parlera plutôt de forêt alluviale ou forêt inondable ou inondée.).

Notions générales

Une ripisylve en bon état phytosanitaire offre de nombreux services (fonctionnalités) :

  • Le maintien des berges grâce aux systèmes racinaires adaptées et diversifiées des différentes strates végétales présentes (arbres, arbustes, buissons et herbacées).
  • L’ombrage porté au cours d’eau, évite le réchauffement et la dégradation de la qualité de l’eau ; favorise l’accueil et l’activité de certaines espèces lucifuges.
  • L’épuration des eaux du cours d’eau et la captation d’apports de polluants transversaux diffus par l’absorption des polluants organiques par le système racinaire.
  • L’habitat, nourrissement et corridor de migration biologique (poissons, insectes, mammifères, reptiles, batraciens, oiseaux, chiroptères…) ; réservoir biologique de premier ordre (écotone).
  • La production de biomasse (bois d’ouvrage, de chauffage, faune…), soutient  d’activités traditionnelles (sylviculture, pêche, activités récréatives…).
  • Fonction inertielle par le ralentissement et la dissipation de l’onde de crue.
  • Composante paysagère importante.

Pour autant, l’activité humaine peut entraîner de nombreuses dégradations sur cette zone rivulaire et limiter voire supprimer les fonctionnalités associées. On peut notamment citer :

  • La déforestation complète du milieu.
  • L’artificialisation de la berge par mise place de protections hétéroclites inadaptées (traverses de chemin de fer, poteaux en béton, épaves de véhicules, bétonnage ou enrochement systématique, remblai divers, dépôt de déchets…) conduisant à la déconnexion du cours d’eau avec le milieu terrestre, à la perte des fonctionnalités associées et à la dégradation de la qualité de l’eau et du milieu naturel.
  • La plantation et/ou la dissémination d’espèces exogènes invasives (bambou, ailanthe, robinier, érables négundo, herbe de la pampa…) conduisant à une banalisation du milieu, la perte des fonctionnalités associées (notamment les capacités de résistance et de résilience du milieu) et une charge de restauration supplémentaire (augmentation de la charge financière liée à la gestion des boisements de berge.
  • L’endiguement de la berge, qui substitue au risque naturel un risque technologique, favorise l’accélération des vitesses d’écoulement en crue, l’érosion des berges, l’augmentation des ondes de crue en aval, porte atteinte à la végétation en place (déconnexion) et favorise la colonisation du milieu par des espèces rudérales et invasives.
  • L’absence d’entretien qui conduit à la fermeture de la section d’écoulement par le développement de sujets ligneux en son sein, pouvant induire des désordres hydrauliques considérables (embâcles, débâcles, débordements accentués…).

Ces facteurs de dégradation importants de la qualité générale du milieu, induisent donc de nombreux dysfonctionnements hydrauliques et biologiques parfois irréversibles pouvant conduire à des situations extrêmes.

Sur le bassin versant de la Nartuby

Le peuplement végétal de la ripisylve sur le réseau hydrographique de la Nartuby est caractéristique des cours d’eau méditerranéens. Il est essentiellement représenté par des boisements de type frênaie à populus alba et Quercus. Il connait une diversité naturelle importante et abrite de nombreuses essences d’intérêt patrimonial à préserver(noyer, micocoulier, ormes, marronnier, tilleul, if…).

Pour autant, la ripisylve du réseau hydrographique de la Nartuby a connu et connaît encore de nombreuses dégradations d’origine naturelle et d’origine humaine (anthropique). La crue bi voir tri centennale qui a eu lieu en juin 2010 a fortement impactée la ripisylve en place par l’arrachement, le déchaussement et ou l’écorçage important de nombreux sujets.

Le Syndicat Mixte de l’Argens a fait le choix de mettre en place une équipe en régie afin de permettre une présence sur le terrain toute l’année. Cette équipe assure une  surveillance et un entretien sur la Nartuby et ses affluents (programme pluriannuel). Elle est composée d’un technicien de rivière sur le poste de chef d’équipe et de trois agents techniques de rivière.

Ainsi, en accord avec les principes évoqués ci-dessus, les travaux consistent à :

  • une coupe sélective sur la végétation des berges,
  • empêcher la formation d’embâcles,
  • éviter des arrachements et des érosions de berge, des débordements,
  • lutter contre les espèces envahissantes,

Nous rappelons que les arbres morts ne doivent être abattus que s’ils présentent un risque pour l’écoulement des eaux en cas de chute (embâcle) ou un danger pour le public sur des sites fréquentés. Sinon ils seront conservés car ils ont un intérêt écologique fort (accueil de nombreuses espèces d’insectes, d’oiseaux, etc.).

Bonjour,

En raison d’une refonte intégrale du site internet du SMA, certaines pages ne sont pas encore renseignées. Elles le seront dans les prochaines semaines.

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Le SMA